Moins de radars, davantage de contrôles ?

Pour un premier billet de blog à propos d’un accident relaté par la presse généraliste, on peut malheureusement reconnaître que ce 27 août démarre fort. Le journal Midi Libre publie aujourd’hui un suivi d’un accident survenu samedi dernier dans l’Hérault. Alors que la vitesse était dans un premier temps − et comme souvent − montrée du doigt, il s’avère qu’elle n’est pas la cause première de l’accident. Voire pas du tout dans la liste des causes.

Véhicule impliqué dans la collision contre des motos le 23 août 2014 dans l'HéraultCar l’automobiliste au volant du SUV contre lequel sont venus perdre la vie deux motards était plus qu’éméché. Avec 2 grammes d’alcool par litre de sang, il avait non seulement 4 fois la dose légalement autorisée mais aussi largement de quoi quitter sa trajectoire comme cela fut le cas. Quand verra-t-on la même volonté publique pour traquer les vapeurs d’alcool que les vitesses trop élevées ? Au vu de ce qui est mis en place depuis des années, on peut en douter, la vitesse étant systématiquement désignée comme responsable de tous les maux sur la route. Même les rapports d’accidentologie de la Sécurité Routière, qui devraient être objectifs, entretiennent le flou, comme nous l’indiquions il y a déjà deux ans :

« La vitesse n’est pas un facteur d’accident comme les autres, puisqu’inhérent à la notion même de déplacement. La vitesse constitue le seul facteur réellement causal d’accidents, les autres facteurs habituellement avancés comme tels n’étant que des facteurs secondaires (ne serait-ce que parce qu’ils sont inopérants à vitesse nulle) venant « seulement » accentuer la relation vitesse-accident (ou l’atténuer pour les facteurs protecteurs) »

Faut-il en déduire que le jour où des accidents seront causés à 10 km/h par des conducteurs (en voiture ou à moto) totalement ivres, on réfléchira à un abaissement de la vitesse autorisée à 5 km/h ? Attention, nous ne sommes pas en train de dire que la vitesse excessive n’est pas dangereuse. Mais, alors que de nombreuses études démontrent que la baisse du nombre de tués sur les routes depuis 40 ans est grandement imputable aux progrès technologiques des organes de protections et de sécurité des véhicules (airbags, ABS, cellule à déformation programmée, …), axer la totalité d’une politique de sécurité routière sur un seul élément nous semble aussi illusoire qu’inutile.
Car avec l’alcool au volant, ce sont les plus vulnérables (motards mais aussi cyclistes et piétons) qui trinquent. Et l’addition est salée.

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  • Jean-Marc C.

    Chaque jour, ma vitesse est contrôlée au moins quatre fois par des radars. En comparaison, en 20 ans de permis, j’ai été contrôlé deux fois pour l’alcoolémie. Tout est dit…

    • tournier

      Idem . 4 controles automatiques de vitesse sur mon trajet aller pareil au retour et 3 controles d alcoolémie en 45 ans de permis