Moto Tour : Je vous ai parlé d’Huguette ?

Je ne la connais que depuis samedi soir mais on vient de passer un paquet d’heures ensemble. Et à force de lui parler durant les liaisons ou de l’insulter quand elle me fait des coups de chaleur et m’oblige à remplir le radiateur, il fallait bien que je lui donne un nom. Ne me demandez pas pourquoi : elle s’appelle donc Huguette. Malgré sa cylindrée qui peut sembler modeste, Huguette n’est pas n’importe qui et peut s’enorgueillir d’un palmarès non négligeable.

Huguette appartient à Germain Perrot. Le bonhomme est rien moins que vice-champion de France des rallyes dans la catégorie 125 en 2016. Avec Huguette. Autant vous dire qu’elle a un sacré potentiel. Et après plus de 1 100 kilomètres à son guidon, je commence à en avoir un petit aperçu. Avec les suspensions préparées par Delcamp, la tenue de route est impériale. Les routes bien  pourries du rallye ne se transforment pas en billard tout lisse mais la fourche filtre bien les petits chocs et encaisse étonnamment les gros nids de poule et les freinages (un peu) optimistes car débutés au panneau « trop tard ». Seul le frein arrière est perfectible car il semble avoir été fait pour un bûcheron. Mais après tout, Huguette ne se laisse pas dompter aisément.

C’est d’ailleurs un peu pareil pour son moteur. Le mono « légèrement » préparé accroche les 134 km/h. Avant de rire, allez emprunter un 125 à moteur 4T d’origine et tentez de dépasser les 110. D’autant que le couple est assez présent pour la cylindrée. Du coup, sur le parcours routier, on peut enrouler sans trop faire forcer le moulin et en spéciale, il suffit de rester dans les tours, à la limite du shiftlight, pour se faire plaisir. Car, ne reculant devant rien pour vivre avec son temps, Huguette embarque un shifter afin de monter les rapports sans débrayer et sans couper les gaz. Le choix est cohérent car, après tout, quand on ne dispose que de 15 poneys, hors de question de perdre du temps et de la puissance entre les rapports.

Vous comprendrez donc que je ne peux qu’apprécier Huguette. Il reste 4 jours de course jusqu’à Toulon. Et s’ils sont à l’image de ce mercredi, ça ne sera que du bonheur. Bon, les soucis de chauffe n’ont pas disparu et je dois toujours m’arrêter régulièrement pour remplir le radiateur de flotte. Mais en roulant de manière… joyeuse le reste du temps, j’arrive à être dans les temps pour pointer sans retard. Huguette est caractérielle mais quand on ouvre en grand, elle envoie du bois la moto de bûcheron ! Non, elle n’affiche pas de puissance qui fait rêver. Mais elle ne pèse rien et sa géométrie permet d’en faire à peu près ce qu’on veut. Et vous n’imaginez pas à quel point c’est appréciable quand on n’a reconnu aucune spéciale (même en vidéo) et qu’il faut adapter la trajectoire en plein milieu d’un virage alors qu’on a déjà (presque) tout par terre.

Et si les spéciales du jour n’étaient pas taillées pour mettre les 125 à la fête car la pente était forte et faisait souffrir les petits monocylindres, la route était belle ce mardi. Même en partant pneus froids, la mise en température des Continental était assez rapide et la confiance est arrivée aussi rapidement que le plaisir au guidon. Chambonchard est à la fois la dernière spéciale de la journée mais aussi celle que nous avons empruntée trois fois. De l’avis de tous les pilotes, c’est assurément la plus belle depuis le départ. Un bitume très propre, pas de mousse ou de châtaignes au sol et une route assez large. Tout ce qu’il fallait pour favoriser les gros cubes comme les multicylindres. Mais j’ai commencé à apprivoiser Huguette. Les chronos ne sont pas formidables dans l’absolu mais je termine à 10 secondes de Maxence qui roule avec un 125 2T autrement plus démonstratif. D’ailleurs, Huguette termine la journée à la 3e place de la catégorie 125. Comme au Général d’ailleurs puisqu’elle et moi entrons sur le podium. Ce ne sera que temporaire car les spéciales sur piste de jeudi à Issoire remettront les choses dans l’ordre.

Mais en attendant, j’en profite un peu. Tu vois Germain, ce n’est pas un championnat de France mais j’aurais réussi à hisser Huguette à une place honorable.

Résultats de cette journée de cinglés ? Podium 125 !

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