Moto Tour : Jour 2, boire et déboires

Suite à mes âneries d’hier, aujourd’hui, j’avais décidé de bien manger. Ma moto, elle, a décidé de boire. Beaucoup, beaucoup. Retour en arrière : samedi, alors que je découvrais ma monture pour la semaine, Emeric, notre très dévoué mécano au sein du team, m’explique que ce moteur ne doit pas chauffer. Sa température de croisière est sous les 50 °. Si on dépasse les 100, c’est un coup à flinguer le joint de culasse. Je vous laisse donc imaginer ma « joie » quand le compteur a affiché 115° ce matin alors qu’on roulait depuis à peine 30 kilomètres et dans les sous-bois pourtant bien frais. Les volutes blanches à la sortie du pot le confirment : je perds de l’eau. Et pas qu’un peu : après avoir ouvert le bouchon de radiateur, il me faut ajouter plus d’un demi litre d’eau pour revenir au niveau. Cela s’avère efficace puisqu’au départ de la première spéciale, la température est retombée à moins de 40°. Mais ça promet pour la suite.

Moto Tour, jour 2, départ de spéciale - Photo : Marine, de la BécanerieLa première spéciale, parsemée de fruits de saison (graviers et châtaignes) tient du numéro d’équilibriste mais se termine sans encombre. Je décroche le 71e temps et, au vu du nombre de multi-cylindres et de gros cubes, me suffit amplement. Je repars avec le sourire mais ça ne va pas durer. 30 kilomètres plus loin, le compteur recommence à se prendre pour une guirlande et clignote en orange et rouge. 110 degrés, arrêt obligatoire. Coup de bol, c’est à côté d’une ferme et je vais demander un peu d’eau pour remplir le radiateur. Au final, cette blague se reproduira avec une régularité de métronome : 30/35 kilomètres, un litre de flotte. Sur une journée de 320 kilomètres, ça fait un paquet de temps perdu. Du coup, entre deux pleins d’eau, je suis obligé de rouler aussi vite que le permet le monocylindre pour rattraper les secondes et pointer à l’heure aux différents CH. Pari foiré au premier CH (la recherche d’eau ayant été laborieuse) mais réussi à tous les contrôles suivants. Je finis la journée avec 45 secondes de pénalité et je pointe 83e au général. Malgré les déboires mécaniques de la journée, le bilan reste positif, d’autant que j’ai pris un pied pas possible durant les liaisons comme dans les spéciales. La moto est incroyable de légèreté et d’agilité, ça permet de rattraper des entrées en virages parfois un peu optimistes.

Les glisses de la roue arrière ou des deux roues, c’est presque drôle car tout reste gérable. Le rétro explosé avec l’épaule car lui roulait clairement sur sa gauche se termine finalement bien (pour moi) tandis que la chute a eu lieu à une allure assez faible, en bloquant le frein avant tout en voulant tourner sur une plaque de gravier. L’armature en alu des protège-mains a griffé le bitume et protégé le guidon ainsi que le levier de frein.

Finalement, le seul gros souci de la journée, c’est ce joint de culasse raide mort et les réparations que ça implique. Il est 1 heure du matin, je finis ce billet et Émeric est encore en train de s’affairer sur la moto, à la lampe frontale. La première réparation n’a pas tenu, la culasse est sans doute vrillée. Je ne saurai que demain matin si la moto est en état de repartir. Au Moto-Tour, les surprises ne sont pas uniquement sur la route…

Photo : Bruno Marlin

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