Moto Tour : Jour 4, ascenseur émotionnel

Après un mardi dont il serait difficile de se plaindre, le mercredi commençait presque aussi bien. Le départ n’était pas donné trop tôt et au vu des températures matinales, peu de pilotes s’en plaindront, surtout avec ce qui nous attend vendredi. J’arrive à pointer à l’heure au premier contrôle horaire (CH)  mais Stéphane, sur sa Cagiva 125 Mito, arrive avec 5 minutes de retard alors que nous étions partis à 30 secondes d’écart. Il a claqué une bougie durant la liaison et prend de lourdes pénalités, ce qui n’est jamais très bon juste avant une spéciale. Comme cela devient malheureusement une habitude, je profite du court répit avant celle-ci pour faire le plein d’eau exigé par Huguette. La spéciale se passe plutôt bien malgré la mousse toujours aussi farceuse sur la route. C’est l’heure de la seconde liaison, très longue avec 4 h 01 pour pointer et arriver à l’heure sur le départ de la prochaine spéciale (Montaigut-le-Blanc) qu’il faudra parcourir deux fois. Et c’est là que tout va tourner en eau de boudin. Ou plutôt en eau minérale puisque les soucis de joint de culasse restant d’actualité, Huguette reste une ivrogne invétérée.

Et quand il faut remplir le radiateur tous les 25 à 40 kilomètres, le retard arrive vite. J’ai chronométré, il me faut entre 3 minutes 30 et 4 minutes 50 pour m’arrêter, ouvrir le radiateur (et me cramer les mains car avec les gants, l’accès est délicat), remplir le radiateur en jouant de la pompe à eau, refermer le bouchon (capricieux) et repartir. Pas énorme ? Certes, mais quand on le fait 6 fois sur une liaison, tenir le chrono devient un cauchemar, même en roulant fort. Du coup, j’arrive au CH2 avec 20 minutes de retard, crevé et excédé. Du coup, il n’y a pas presque pas de temps pour se lancer sur la spéciale. Mais je dois, forcément, faire le plein d’eau. Et après ça, Huguette se fait désirer et refuse de démarrer. Tout va bien…

Or, quand on roule énervé, on fait de la m*rde. Eh bien pas de miracle, c’est exactement ce que je fais sur ce premier passage. Je déclenche trop tard, je suis à la rue pour mes freinages et je ne suis pas mobile sur la moto, la rendant sautillante sur ce bitume pourri de rallye. La boucle suivante, plus courte, sera du même acabit mais je parviens à pointer à l’heure. Arrivant plus serein pour la dernière spéciale, j’y suis un peu plus propre mais c’est le soleil rasant qui vient faire son pénible, s’invitant en sortie des virages histoire de totalement masquer la route. Bon an mal an, je termine donc cette spéciale et la journée en râlant sous le casque.

Malgré ma déception en retrouvant le Team, j’apprends que je termine 3e des 125 et que je conserve cette place au général de notre catégorie. Tout n’est dont pas si noir mais j’ai souffert aujourd’hui et j’angoisse pour vendredi. Une étape marathon avec 741 km et donc 15 heures de moto. Si ça se passe comme aujourd’hui, ça ne sera pas un cauchemar mais carrément l’enfer.

Il va être temps d’aller dormir car demain, on part les premiers et je décolle à 7 h 32 pour une boucle nous amenant sur le circuit d’Issoire. Alors, avant, il faut prendre quelques forces… Le rallye, on en bave, mais on en bave tous pareil alors on sait se remonter le moral.

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