Moto Tour : La journée circuit à Issoire

Il est 7 h 32, on se caille et il fait nuit. Le commissaire me tend mon carton de pointage. Le carton de pointage, c’est ton meilleur ami. Si tu le paumes, tu peux rentrer chez toi, tu es éliminé d’office. Je le range dans son sac congélation (la meilleure housse étanche du monde) et glisse le tout dans ma combinaison. C’est parti pour une boucle courte. 70 bornes pour rejoindre le circuit qui est environ à … 5 kilomètres du paddock. C’est clairement une journée de « repos » car cette liaison ne présente aucune difficulté et j’arrive bien en avance au circuit alors que j’ai fait une pause pour remplir ce radiateur de malheur. Le truc vraiment sympa, comme ils ont fait partir les pilotes par catégorie a été de rouler un bon moment avec les autres 125, notamment Morgan sur son Aprilia RS et Stéphane sur la Mito. En revanche, pour l’intoxication pulmonaire à évoluer dans leurs volutes bleues, on repassera.

Sur le circuit, on débutera par la spéciale de course. 5 tours, rien qu’entre nous, les 125. Plus Michel qui a le courage, l’inconscience et la folie pure de faire ce Moto Tour sur une Zundapp 50 (2 temps). Je ne connais pas le tracé mais on a un tour de reconnaissance en plus du tour de chauffe. Apparemment, rien de très compliqué vu les vitesses auxquelles on arrivera dans les virages.
Je suis 3e sur la grille et dès le départ, je me fais déposer par Morgan et Stéphane. Maxence, qui partait en pôle, restera bloqué quelques temps derrière moi avec sa Cagiva SuperCity. Au bout d’un demi tour, il passe mais le moteur d’Huguette me permet de le remonter dans l’interminable (en 125…) ligne droite. L’espoir ne durera pas car quand je saisis les freins pour ralentir légèrement la moto avant cette parabolique à droite, lui choisit la facilité : il ne coupe pas ! Ce type est dingue. Notez que les deux autres furieux en 2 temps appliquent la même technique. Du coup, je ne les reverrai qu’à l’arrivée et me débrouille pour trouver les trajectoires faisant perdre le moins de temps. Je découvre également que tout a une utilité sur circuit. Même les panneaux « 50 mètres ». Vous savez, ce repère qui, en gros cubes, fait dire « mais qui freine vraiment ici avant le pif-paf serré ? » Ben les 125 ! En tirant au cordeau, les trois premiers virages passent à fond de 6, compteur bloqué à 134 km/h. Le premier coup, on se dit qu’on va tester l’airbag et après, on y prend un plaisir vicieux.
Je termine 4e. Sur 5 tours, je prends 30 secondes dans les dents. C’est beaucoup mais, je m’en moque. Le gars qui me colle 6 secondes au tour roule avec une machine échappée des GP, il a le bagage technique qui va avec et, surtout, c’est un pote et je me suis bien amusé. C’était un super galop d’essai pour l’endurance de la fin de matinée : 22 tours à bloc au programme.

Les machines idéales pour la piste ! #Vavavoum #MotoTour #125

A post shared by lequipement.fr (@lequipementfr) on

Sur le second départ, je me dis qu’avec le couple de ma moto, je peux tenter le Holeshot. En fait, une fois le drapeau abaissé, ce sera « Holy Shit ! » : tout le monde semble avoir eu la même idée et après le premier gauche, on se retrouve à 4 au premier virage à droite, en paquet très (mais alors, très) serré. Morgan vient prendre sa traj et se rabat donc sur moi, Stéphane tente de s’intercale et je vois l’ombre de Maxence à ma gauche. Bref, c’est la foire, une vraie troupe de marcassins dans un champ de boue. Là encore, dans la ligne droite, Huguette remonte sur la SuperCity. Et, là encore, la Cagiva s’éloigne d’un coup quand je lèche les freins, n’ayant toujours pas pigé comment il fait pour entrer ici à fond. Enfin si, je sais. Mais je n’ai clairement pas les tripes qu’il faut pour me dire que ça va se faire sans souci. Et puis Germain risquerait de ne pas apprécier que je lui explose sa moto parce que je ne voulais pas lâcher à fond de 6.

Les tours s’enchaînent presque sans souci ; je ne prends que deux fois une trajectoire un peu « aléatoire » par manque de concentration et je m’éclate comme un gosse. En revanche, comme prévu, au bout de 14 tours, le moteur me rappelle qu’il faudrait songer à arrêter sous peine d’explosion. Je sors donc du circuit, comme l’ont déjà fait les autres 4 temps avant moi. Les épreuves sur piste n’étant pas éliminatoires si elles ne sont pas achevées, nous prendrons une petite pénalité mais cela évite de faire souffrir la mécanique pour rien. Demain, nous avons 741 kilomètres à faire et les monos vont bien morfler durant les 15 heures de roulage annoncées.

La journée de demain s’annonce éprouvante pour les machines comme pour les pilotes. On sait qu’on va en baver. Personnellement, j’ai le fessier en compote au bout de deux heures sur la Husqvarna. Alors pour quinze, je n’ose même pas imaginer. Reste à découvrir l’heure de départ mais ce sera forcément dès potron-minet. En espérant que, cette fois, je dispose d’une moto qui pousse mais qui est fiable et pas de la 125 la plus rapide entre deux fontaines. Emeric est dessus et le bougre ne compte pas ses heures. Rien que pour lui, je me dois de finir ce Moto-Tour.

You may also like...